Guide sur la protéinurie chez la femme enceinte

La grossesse est une période assez délicate. En effet, les risques sont multiples : fausse couche, accouchement prématuré, complication au moment de l’accouchement… Afin d’optimiser les chances d’avoir un bébé en bonne santé, les médecins exigent la réalisation de plusieurs examens. L’analyse d’urines à chaque visite prénatale par exemple est incontournable afin de détecter d’éventuelles anomalies comme la protéinurie enceinte.

La protéinurie : qu’est-ce que c’est au juste ?

L’analyse des urines vise principalement à rechercher une éventuelle présence de sucre ou d’albumine (ou protéinurie qui correspond à la présence de protéines en quantité anormale dans les urines). Si le taux est plus élevé par rapport à la normale, cela peut indiquer une uropathie, néphropathie ou infection urinaire. L’objectif est alors de dépister la pré-éclampsie qui peut entraîner une complication grave au cours de la grossesse qui est généralement dû à un mauvais fonctionnement du placenta et peut survenir à tout moment.

La pré-éclampsie (ou toximie gravidique) se manifeste généralement par une hypertension (14/9) et une protéinurie. Ce qui signifie que l’on peut constater une forte concentration de protéines dans les urines. En plus de l’examen des urines, la prise de tension doit également être systématique à chaque consultation prénatale. Mais d’autres signes doivent également alerter la femme enceinte comme la rétention d’eau, les douleurs abdominales, maux de tête ou troubles du visuel. À un stade avancé, elle peut engendrer un décollement du placenta, une hémorragie cérébrale, un syndrome HELL, une éclampsie et un accouchement dans l’urgence. Il faut donc consulter rapidement pour écarter tous risques et s’assurer de la bonne santé de la maman et du bébé. Pour plus d’informations, cliquez sur ce lien.

Quelles sont les causes de la protéinurie ?

On parle de protéinurie grossesse si l’excrétion urinaire est supérieure à 150 mg par jour. En dessous, l’excrétion est tout à fait normale. On distingue plusieurs types de protéinurie. La protéinurie glomérulaire est due aux troubles de la barrière de filtration glomérulaire. Le taux est supérieur à 3 g par litre par 24 heures. En revanche, on parle de protéinurie tubulaire en cas d’anomalie au niveau de la réabsorption du tubule proximal. C’est ce qu’on appelle « néphrite tubulaire ». Le taux est dans ce cas inférieur à 2 g par litre. La protéinurie fonctionnelle évoque une atteinte rénale tandis que la protéinurie orthostatique est souvent liée à une affection bénigne.

En cas de protéinurie, l’urine change d’aspect et devient mousseuse. Attention ! Cette pathologie est dans la plupart du temps asymptomatique. Donc il faut rester vigilant, car elle peut survenir à n’importe quel stade de la grossesse.

En cas de protéinurie, quels sont les traitements ?

Lorsque le taux de protéinurie est faible, cela ne doit pas inquiéter les patientes. Dans le cas contraire, en cas de protéinurie élevée grossesse, cela peut présenter un risque pour le bébé et la future maman. Si l’anomalie est détectée au plus tôt, il est possible de prendre en main la maman à temps. Voilà pourquoi les tests d’urine sont devenus obligatoires tous les mois.

Au cours d’une grossesse, en cas de protéinurie, l’hospitalisation peut être envisagée afin que les médecins puissent la surveiller de plus près. Sinon, les médecins peuvent proscrire toutes activités physiques et différents traitements pour minimiser les risques. Quoi qu’il en soit, jusqu’à l’arrivée du terme, la femme enceinte devra réaliser des analyses d’urine, des bilans sanguins et des prises de tension régulièrement. Pour vérifier l’état de santé du bébé, les dopplers, échographies et monitorings sont également exigés. En tout cas, jusqu’à présent, il n’y a pas de traitement contre la pré-éclampsie, à part le repos. Quoique la prise d’un hypotenseur est souvent recommandée pour faire baisser la tension. Si la maman souffre d’une pré-éclampsie sévère, il faudrait programmer une césarienne rapidement.

Grossesse : quels sont les bons réflexes à adopter ?

Le tabac et l’alcool sont à éviter lorsque vous êtes enceinte, car ces produits augmentent les probabilités d’accouchement prématuré. Si vous ne pouvez pas vous passer de votre addiction, votre médecin peut vous prescrire un substitut nicotinique moins dangereux. De même, sachez qu’il existe des médicaments qui peuvent causer un avortement, un accouchement prématuré ou une malformation. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens par exemple sont contre-indiqués. Par conséquent, il est interdit de prendre des médicaments sans avis médical.

Par ailleurs, les viandes, les produits de la mer et les poissons crus ainsi que les charcuteries sont à éviter pendant la grossesse pour réduire les risques de contracter la toxoplasmose ou tout autres parasites. Et autant que possible, limitez la consommation de caféine. Enfin, si vous ne vous sentez pas bien, consultez rapidement votre médecin.

Sauf avis contraire de votre médecin, il faut pratiquer une activité physique régulière pour lutter contre la prise de poids excessive, les maux de dos et les insomnies. La natation, le vélo d’appartement et la marche sont fortement recommandés. Par contre, oubliez les sports brutaux.

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