# Diversification alimentaire à 7 mois, le guide complet pour bien démarrer

À 7 mois, votre bébé franchit une étape majeure dans son développement alimentaire. Son système digestif a considérablement évolué depuis sa naissance, et il est désormais prêt à explorer un univers de saveurs, de textures et de nutriments essentiels pour sa croissance. Cette période charnière nécessite une approche réfléchie et progressive, où chaque nouveau aliment introduit contribue à construire les fondations d’une alimentation saine et équilibrée. Les besoins nutritionnels évoluent rapidement à cet âge, et le lait seul, bien qu’il reste l’aliment principal, ne suffit plus à couvrir tous les apports nécessaires. Comprendre les mécanismes physiologiques, les priorités nutritionnelles et les bonnes pratiques vous permettra d’accompagner votre enfant en toute confiance dans cette aventure gustative.

Prérequis physiologiques et signes de maturité digestive à 7 mois

À 7 mois, le corps de votre bébé a atteint un niveau de maturité remarquable qui le rend apte à recevoir autre chose que le lait maternel ou infantile. Cette transformation n’est pas seulement visible extérieurement, elle s’opère également au niveau cellulaire et enzymatique, préparant l’organisme à traiter des aliments variés. Observer ces signes de maturité vous aide à comprendre que votre enfant est biologiquement prêt pour cette transition alimentaire majeure.

Développement du réflexe de déglutition et disparition du réflexe d’extrusion

Le réflexe d’extrusion, présent dès la naissance, constitue un mécanisme de protection naturel qui pousse le bébé à rejeter avec sa langue tout ce qui n’est pas liquide. Ce réflexe disparaît progressivement entre 4 et 6 mois, permettant à l’enfant d’accepter et de manipuler des aliments de consistance différente. À 7 mois, ce réflexe devrait avoir complètement disparu, laissant place à une coordination oro-motrice plus sophistiquée. Votre bébé est désormais capable de déplacer la nourriture dans sa bouche, de la positionner pour la mâcher avec ses gencives, puis de l’acheminer vers l’arrière de la gorge pour l’avaler en toute sécurité. Cette évolution neurologique représente une condition sine qua non pour introduire des textures solides sans risque de rejet systématique.

Maturation enzymatique : amylase salivaire et lipase gastrique

Le système digestif de votre bébé produit désormais des enzymes spécifiques capables de décomposer des nutriments complexes. L’amylase salivaire, enzyme qui dégrade l’amidon en sucres simples, atteint des niveaux fonctionnels suffisants pour digérer les glucides complexes présents dans les féculents. Parallèlement, la lipase gastrique s’active pour faciliter l’absorption des graisses alimentaires, essentielles au développement cérébral. Cette maturation enzymatique explique pourquoi l’introduction de céréales, de légumes riches en amidon et d’huiles végétales devient non seulement possible mais recommandée à cet âge. Le pancréas du bébé sécrète également davantage de protéases, enzymes nécessaires à la digestion des protéines animales et végétales, justifiant l’introduction progressive de viande, poisson et légumineuses.

Capacité de mastication avec les gencives et tenue de la tête autonome

Même sans dents, votre bébé de

7 mois est donc un âge où la « mastication de gencives » devient réellement efficace. Votre enfant écrase les aliments entre la langue et le palais ou entre ses arcades gingivales, ce qui suffit pour gérer des purées plus épaisses, des petits morceaux très fondants ou des bâtonnets bien cuits en Diversification Menée par l’Enfant (DME). Cette capacité de mastication n’est cependant exploitable que si la tenue de tête est autonome : bébé doit pouvoir rester assis, le dos droit, dans sa chaise haute, sans s’affaisser sur le côté. Ce contrôle postural limite le risque de fausse route et permet une déglutition coordonnée. Si votre enfant glisse dans sa chaise, se penche en avant ou fatigue très vite, mieux vaut encore proposer des textures lisses ou semi-lisses.

Périmètre abdominal et capacité gastrique adaptés aux solides

La capacité de l’estomac augmente progressivement au cours des premiers mois de vie. À 7 mois, elle permet généralement d’accueillir un volume d’environ 180 à 250 ml par repas, en fonction de la morphologie et de l’appétit de l’enfant. C’est ce qui rend possibles des portions de 150 g de purée complétées ou non par un peu de lait, sans surcharge digestive. Le périmètre abdominal se modifie aussi : les muscles de la paroi et du diaphragme se renforcent, ce qui favorise une meilleure progression du bol alimentaire au sein du tube digestif.

Concrètement, cela signifie que votre bébé est capable d’alterner lait et solides au cours d’une même journée sans inconfort majeur, à condition de respecter ses signaux de faim et de satiété. Un ballonnement important, un ventre très tendu, des pleurs après chaque repas ou des régurgitations abondantes peuvent en revanche traduire une surcharge ou un rythme inadapté. Dans ces situations, il peut être nécessaire de fractionner davantage les apports, de réduire légèrement les volumes de purée ou de faire le point avec votre professionnel de santé pour adapter la diversification alimentaire à 7 mois.

Allergènes prioritaires et fenêtre d’introduction entre 4 et 7 mois

Les données récentes en allergologie ont profondément modifié les recommandations sur l’introduction des aliments allergènes. On sait désormais que retarder leur introduction au-delà de 1 an n’apporte aucune protection, et pourrait même augmenter le risque d’allergie. Entre 4 et 7 mois, le système immunitaire de l’enfant traverse une « fenêtre de tolérance » pendant laquelle il est particulièrement capable d’apprendre à reconnaître les protéines alimentaires comme des éléments familiers et non dangereux. Introduire précocement, en petites quantités, les allergènes majeurs (lait de vache, œuf, arachide, fruits à coque, poisson, gluten…) dans le cadre d’une diversification alimentaire bien conduite participe donc à la prévention des allergies, surtout chez les enfants à risque.

Protéines de lait de vache : fromages pasteurisés et yaourts nature

Si votre bébé reçoit un lait infantile à base de protéines de lait de vache, il est déjà quotidiennement en contact avec cet allergène. Néanmoins, les matrices alimentaires solides comme les yaourts, fromages frais ou petits-suisses ont une composition et une structure différentes du lait, ce qui justifie une introduction progressive. À partir de 6-7 mois, vous pouvez proposer occasionnellement un yaourt nature au lait entier pasteurisé ou un fromage frais adapté aux bébés, en petite quantité (30 à 50 g), en complément et non en remplacement du lait maternel ou infantile.

Il est préférable d’éviter les desserts lactés très sucrés ou aromatisés (vanille, chocolat, biscuits) qui habituent inutilement le palais de l’enfant aux goûts sucrés intenses. Pour une diversification alimentaire à 7 mois équilibrée, le laitage reste un « plus », utile pour la découverte gustative et l’apport en calcium, mais ne doit pas diminuer la consommation de lait spécifique pour nourrisson, plus riche en fer et en acides gras essentiels. En cas d’antécédent d’allergie au lait de vache dans la fratrie ou la famille proche, discutez avec votre pédiatre de la stratégie la plus adaptée (laits hydrolysés, protocole d’introduction encadré).

Œuf : jaune cuit puis blanc selon protocole progressif

L’œuf fait partie des allergènes majeurs chez le jeune enfant, mais son introduction précoce, en particulier sous forme bien cuite, est désormais encouragée. Vers 6-7 mois, on peut débuter par une très petite quantité de jaune d’œuf dur bien cuit, finement écrasé et mélangé à la purée de légumes (environ 1/8 à 1/4 de jaune la première fois). Si aucune réaction n’apparaît (urticaire, vomissements, gêne respiratoire), la quantité peut être augmentée progressivement pour atteindre l’équivalent de 1/4 d’œuf entier, puis 1/2 œuf dur, toujours bien cuit.

Le blanc d’œuf, plus riche en protéines allergisantes, peut ensuite être introduit dans la continuité, par exemple sous forme d’omelette bien cuite et mixée. Il est inutile de séparer strictement jaune et blanc pendant des mois : ce qui importe, c’est la cuisson complète et la progressivité. Un œuf entier bien cuit par semaine, réparti sur plusieurs jours, suffit largement à couvrir les besoins protéiques de votre bébé tout en l’exposant de façon régulière à cet allergène dans le cadre d’une diversification alimentaire à 7 mois sécurisée.

Gluten : farines de blé, orge et seigle en petites quantités

Le gluten est un ensemble de protéines présentes dans certaines céréales comme le blé, l’orge et le seigle. Longtemps retardé par crainte de la maladie cœliaque, il est aujourd’hui recommandé d’introduire le gluten entre 4 et 12 mois, idéalement lorsque l’enfant consomme encore du lait maternel ou infantile. À 7 mois, vous pouvez proposer des céréales infantiles contenant du gluten (blé, semoule fine) en petite quantité, par exemple 1 à 2 cuillères à café dans un biberon ou une bouillie, ou encore quelques cuillères de semoule très bien cuite mélangée à la purée de légumes.

L’idée n’est pas d’augmenter brutalement les apports en gluten, mais d’habituer doucement l’organisme à cette famille de protéines. Sur le plan pratique, un morceau de pain ramolli par la salive, proposé en surveillance étroite, ou quelques « pâtes alphabet » bien cuites et écrasées peuvent aussi être des supports intéressants pour introduire le gluten dans la diversification alimentaire à 7 mois. En cas de diarrhées persistantes, de cassure de la courbe de poids ou de douleurs abdominales inexpliquées, parlez-en à votre médecin avant de poursuivre les apports en gluten.

Arachide et fruits à coque : purée de cacahuète lisse et poudre d’amande

Contrairement aux idées reçues, les études montrent que l’introduction précoce de l’arachide diminue significativement le risque d’allergie chez les enfants à haut risque, notamment ceux ayant une dermatite atopique ou une allergie à l’œuf. Bien entendu, il ne s’agit jamais de donner une cacahuète entière, beaucoup trop dangereuse en termes de fausse route, mais de proposer des formes tartinables et lisses. Dès 6-7 mois, une petite quantité de purée de cacahuète 100 % (sans sucre ni sel), diluée dans une compote ou une purée, peut être offerte sous surveillance à la maison.

De la même façon, les fruits à coque (amande, noisette, noix) peuvent être introduits finement moulus ou sous forme de purée d’oléagineux. Une demi-cuillère à café de poudre d’amande mélangée à une compote de pomme ou à un yaourt nature constitue une excellente façon de diversifier l’alimentation tout en apportant des acides gras insaturés bénéfiques. Pour sécuriser cette étape clé de la diversification alimentaire à 7 mois, il est préférable d’introduire un seul allergène à la fois, en petite quantité, le matin ou le midi, et d’observer votre enfant pendant au moins deux heures.

Poissons et fruits de mer : colin, cabillaud et traces de crustacés

Les poissons, en particulier les espèces maigres comme le colin ou le cabillaud, sont d’excellentes sources de protéines de haute valeur biologique et d’iode. Ils peuvent être proposés dès 6 mois, à raison d’environ 10 g par jour, en alternance avec la viande ou l’œuf. À 7 mois, il est intéressant d’introduire 1 à 2 fois par semaine du poisson bien cuit, finement mixé et mélangé aux légumes. Pour les poissons gras (saumon, maquereau, sardine), qui apportent des oméga-3 à longue chaîne (DHA, EPA) essentiels au développement cérébral, on se contentera de très petites quantités (1 à 2 cuillères à café), en veillant à l’absence totale d’arêtes.

Les fruits de mer et crustacés sont des allergènes plus puissants et plus rarement consommés par les bébés. On les introduit généralement plus tard, mais il n’est pas rare qu’un enfant soit exposé de manière indirecte à de faibles traces de crustacés via certains plats cuisinés familiaux ou bouillons. Si la famille consomme régulièrement ce type d’aliments, discutez avec votre pédiatre de la meilleure stratégie pour en proposer une exposition contrôlée dans le cadre de la diversification alimentaire à 7 mois, en tenant compte du terrain atopique éventuel.

Textures alimentaires adaptées et progression DME versus purées lisses

La question des textures est centrale dans la diversification alimentaire à 7 mois. Faut-il rester sur des purées très lisses, passer aux morceaux, se lancer dans la DME ? En réalité, il ne s’agit pas de choisir un « camp » mais de construire une progression cohérente, respectueuse des compétences de votre enfant et de vos propres limites. L’important est d’offrir rapidement une diversité de textures pour favoriser le développement oro-moteur et limiter les comportements sélectifs ultérieurs, tout en garantissant la sécurité.

Purées lisses homogènes : moulinex companion et babycook pour textures 100-150g

À 7 mois, les purées lisses conservent toute leur place, notamment pour introduire de nouveaux aliments ou en cas de fatigue, de maladie ou de poussée dentaire. Les robots de cuisine type Babycook ou Moulinex Companion permettent de cuire à la vapeur puis de mixer finement les légumes, féculents et protéines en portions de 100 à 150 g, adaptées à la capacité gastrique du bébé. L’objectif n’est plus de proposer uniquement des textures ultra-lisses comme au début de la diversification, mais de tendre vers une onctuosité qui laisse parfois percevoir de très légers micro-grumeaux.

Pour enrichir ces purées et soutenir la croissance, on ajoute systématiquement 1 à 2 cuillères à café d’huile végétale crue (colza, olive, mélange 4 huiles) par portion. Les purées complètes midi et/ou soir peuvent ainsi associer légumes, féculents et une petite quantité de viande, poisson ou œuf, tout en restant faciles à avaler. La diversification alimentaire à 7 mois repose souvent sur ce socle de purées homogènes, sur lequel viennent se greffer progressivement des textures plus complexes.

Diversification menée par l’enfant : formats bâtonnets et morceaux fondants

La Diversification Menée par l’Enfant (DME) consiste à proposer d’emblée des morceaux que le bébé va porter lui-même à sa bouche, explorer, mâcher et avaler à son rythme. À 7 mois, si votre enfant tient assis de manière stable, attrape les objets avec précision et les porte volontiers à sa bouche, vous pouvez intégrer des éléments de DME à sa diversification. Il ne s’agit pas forcément d’appliquer une DME « pure », mais d’offrir, en parallèle des purées, des aliments en formats bâtonnets faciles à saisir : lamelles de courgette très fondante, bâtonnets de patate douce cuite au four sans sel, florettes de brocoli bien cuites.

La règle d’or ? Le morceau doit pouvoir être écrasé facilement entre deux doigts, comme une banane très mûre. Vous pouvez imaginer la gencive de votre bébé comme une « fourchette molle » : si vous avez besoin de forcer pour écraser l’aliment, c’est qu’il est trop dur. En DME, la diversification alimentaire à 7 mois implique une surveillance constante, un enfant assis bien droit, et l’absence stricte d’aliments à risque (cacahuètes entières, morceaux de pomme crue, carottes crues en rondelles, grains de raisin non coupés, saucisses, pop-corn…).

Transition vers textures granuleuses : introduction progressive des grumeaux

Entre 7 et 9 mois, la plupart des bébés sont capables de gérer des textures intermédiaires, parfois appelées textures « moulues » ou « granuleuses ». Concrètement, il s’agit de purées moins mixées dans lesquelles subsistent de petits morceaux très tendres de légumes, de féculents ou de viande effilochée. Vous pouvez par exemple écraser les légumes à la fourchette, mixer la viande séparément puis les mélanger, ou encore ajouter quelques cuillères de petites pâtes alphabet très bien cuites à une base de purée lisse.

Cette phase de transition est cruciale : si l’on reste trop longtemps sur des textures lisses, le passage aux morceaux pourra être plus difficile et générer des réflexes nauséeux ou des refus. À l’inverse, aller trop vite peut effrayer l’enfant et le dégoûter. L’idéal est d’alterner au sein de la diversification alimentaire à 7 mois : un jour une purée bien lisse, le lendemain une version un peu plus rustique, en tenant compte des réactions de votre bébé. Quelques haut-le-cœur isolés sont fréquents et font partie de l’apprentissage, mais si les vomissements sont systématiques, il peut être utile d’en parler avec votre pédiatre ou un orthophoniste spécialisé en alimentation pédiatrique.

Apports nutritionnels quotidiens et équilibre des macronutriments à 7 mois

À 7 mois, les besoins nutritionnels explosent : votre bébé double voire triple sa taille de naissance en quelques années, son cerveau se développe à une vitesse impressionnante, et son système immunitaire se construit au contact du monde extérieur. La diversification alimentaire doit donc être pensée comme un complément ciblé au lait maternel ou infantile, pour couvrir certains besoins spécifiques en énergie, protéines, lipides de qualité et micronutriments stratégiques. L’objectif n’est pas de remplacer le lait, mais de l’enrichir intelligemment.

Ration protéique : 10g de viande, poisson ou œuf par jour maximum

Les protéines sont indispensables à la construction des tissus (muscles, organes, peau, système immunitaire), mais un excès peut surcharger inutilement les reins encore immatures de votre bébé et favoriser à long terme un risque de surpoids. À 7 mois, la part essentielle des protéines provient toujours du lait maternel ou infantile. Les apports issus des solides doivent rester modestes : on recommande en général de ne pas dépasser 10 g de viande ou de poisson par jour, soit l’équivalent de 2 cuillères à café rases de protéines bien cuites et finement mixées, ou 1/4 d’œuf dur.

Il peut être tentant d’augmenter la portion de viande si votre enfant semble « gourmand », mais ce n’est ni nécessaire ni souhaitable. Pour la diversification alimentaire à 7 mois, mieux vaut se concentrer sur la qualité des protéines (variété des sources, respect de la cuisson à cœur, choix de morceaux maigres) plutôt que sur la quantité. Pensez aussi aux protéines végétales en petite quantité (lentilles corail bien cuites et mixées, pois chiches pelés, tofu soyeux), qui complètent utilement le profil en acides aminés quand elles sont associées à des céréales.

Lipides essentiels : huiles végétales pressées à froid et oméga-3 DHA

Le cerveau de votre bébé est constitué en grande partie de lipides, et sa croissance rapide réclame des graisses de haute qualité. Les laits maternels et infantiles sont déjà formulés pour apporter une bonne base d’acides gras, mais la diversification alimentaire à 7 mois est l’occasion de compléter ces apports. On recommande d’ajouter 1 à 2 cuillères à café d’huile végétale crue par repas salé (midi et éventuellement soir), en variant les sources : huile de colza ou mélange colza/lin pour les oméga-3, huile d’olive pour les mono-insaturés, huile de tournesol ou de pépins de raisin en alternance.

Les oméga-3 à longue chaîne, en particulier le DHA, jouent un rôle clé dans la construction des membranes neuronales et de la rétine. On les trouve principalement dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine) et, en moindre quantité, dans certains laits infantiles enrichis. À 7 mois, proposer une petite portion de poisson gras une à deux fois par semaine, en alternance avec d’autres sources protéiques, contribue à optimiser la densité nutritionnelle de la diversification alimentaire tout en respectant les capacités digestives de l’enfant.

Glucides complexes : farines infantiles enrichies en fer et céréales sans sucres ajoutés

Les glucides représentent la principale source d’énergie de votre bébé. Jusqu’à présent, ils provenaient majoritairement du lactose contenu dans le lait. Avec la diversification, les glucides complexes issus des féculents (pomme de terre, riz, pâtes, céréales infantiles) prennent progressivement le relais, apportant une énergie plus durable. Les farines infantiles enrichies en fer ont l’avantage d’être adaptées à la maturation enzymatique de l’enfant et de contribuer à couvrir ses besoins en fer, souvent difficiles à atteindre par l’alimentation seule.

Pour une diversification alimentaire à 7 mois équilibrée, privilégiez les céréales infantiles sans sucres ajoutés, à base de riz, maïs, blé ou mélange de céréales, que vous pourrez ajouter au biberon du matin ou du soir, ou intégrer dans des bouillies et crèmes. Les sucres simples (saccharose, sirops de glucose-fructose) doivent rester exceptionnels, car ils augmentent le risque de carie, favorisent des pics glycémiques et entretiennent une attirance précoce pour les goûts très sucrés. Les fruits, frais ou en compotes sans sucre ajouté, suffisent largement à satisfaire le besoin inné de douceur de votre bébé.

Micronutriments critiques : fer héminique, zinc et vitamine D3

Parmi les nombreux micronutriments indispensables, certains sont particulièrement critiques à 7 mois. Le fer, d’abord, car les réserves fœtales constituées pendant la grossesse s’épuisent progressivement et le lait, même maternel, ne suffit plus à couvrir les besoins. Le fer héminique, contenu dans la viande rouge, la volaille et le poisson, est mieux absorbé que le fer végétal. D’où l’importance des petites quantités de protéines animales quotidiennement dans le cadre de la diversification alimentaire. Associer ces apports à une source de vitamine C (fruits, légumes verts) améliore encore l’absorption.

Le zinc, impliqué dans l’immunité, la croissance et le goût, se trouve lui aussi dans la viande, le poisson, les œufs et certaines céréales complètes. Quant à la vitamine D3, essentielle à la minéralisation osseuse, elle est très peu présente dans l’alimentation et doit être systématiquement supplémentée chez le nourrisson, conformément aux recommandations nationales, quel que soit le type de lait ou de diversification alimentaire choisi. Le suivi régulier des courbes de croissance et, si besoin, des bilans sanguins, permet à votre médecin d’ajuster ces apports au plus près des besoins de votre enfant.

Organisation des repas et quantités progressives par catégorie d’aliments

Au-delà du choix des aliments, la réussite de la diversification alimentaire à 7 mois repose sur une organisation claire des repas au quotidien. Structurer les journées autour de 4 ou 5 prises permet à la fois de respecter le rythme circadien de votre enfant, de proposer des apports réguliers en énergie et en nutriments, et de limiter les grignotages anarchiques. Cette structuration rassure également les parents, qui disposent de repères concrets pour adapter les quantités en fonction de l’appétit réel de leur bébé.

Schéma type de journée alimentaire avec 4 à 5 prises

À 7 mois, beaucoup d’enfants fonctionnent bien avec 4 repas principaux : matin, midi, goûter et soir. Certains, selon leur morphologie ou leur rythme de sommeil, gardent encore une petite tétée ou un biberon supplémentaire tôt le matin ou en fin de soirée. L’important est de conserver un apport quotidien de lait maternel ou infantile entre 500 et 800 ml, réparti sur ces différents moments. Le midi devient souvent le repas le plus complet, intégrant légumes, féculents, protéines, matières grasses et dessert fruité.

À titre indicatif, une journée de diversification alimentaire à 7 mois peut ressembler à ceci :

  • Matin : tétée ou biberon (180–240 ml), éventuellement avec 1 à 2 cuillères de céréales infantiles sans sucres ajoutés.
  • Midi : 150 g de purée légumes + féculents + 10 g de viande/poisson/œuf + 1 à 2 cc d’huile + 100 g de compote sans sucre ajouté.
  • Goûter : tétée ou biberon (150–210 ml) + 100 g de compote ou fruit écrasé.
  • Soir : tétée ou biberon (180–240 ml) avec ou sans petite portion de légumes (100–130 g) selon la faim de l’enfant.

Ce schéma n’est pas figé : certains bébés mangeront volontiers des légumes le soir dès 7 mois, d’autres auront encore besoin d’un biberon plus conséquent. Observez l’appétit, la qualité du sommeil, la courbe de croissance, et ajustez sans culpabiliser. La diversification alimentaire est aussi un apprentissage de la flexibilité.

Légumes cuits à la vapeur : courgette, carotte, panais et courge butternut

Les légumes constituent la base des repas salés de votre bébé. À 7 mois, on peut proposer pratiquement tous les légumes, en évitant seulement ceux très riches en nitrates (betterave, épinard, céleri branche) plus de quelques fois par semaine, et en adaptant la texture. La cuisson vapeur est idéale pour préserver au mieux les vitamines et minéraux tout en obtenant une consistence fondante. Des légumes comme la courgette, la carotte, le panais ou la butternut sont particulièrement appréciés pour leur douceur et leur digestibilité.

Une portion type pour la diversification alimentaire à 7 mois se situe autour de 150 g au déjeuner, dont 2/3 de légumes et 1/3 de féculents. Vous pouvez varier les mélanges (carotte-panais, courgette-pomme de terre, butternut-lentilles corail) afin de multiplier les expériences sensorielles. N’oubliez pas d’ajouter la matière grasse en fin de préparation, et de proposer ponctuellement les légumes sous forme de bâtonnets fondants pour stimuler la mastication et l’autonomie à table.

Fruits crus écrasés ou compotes sans sucre : pomme, poire, banane et avocat

Les fruits apportent fibres, vitamines, antioxydants et une touche de douceur naturelle très appréciée. À 7 mois, vous pouvez alterner entre compotes de fruits sans sucre ajouté (pomme, poire, pêche, abricot, prune) et fruits crus bien mûrs, pelés et écrasés à la fourchette (banane, poire très juteuse, mangue, avocat). L’avocat, souvent oublié, est un excellent fruit gras, riche en acides gras mono-insaturés et parfaitement adapté à la diversification alimentaire.

Une portion de 100 à 120 g au dessert du midi et/ou au goûter suffit largement à couvrir les besoins de votre bébé en fruits. Inutile de proposer des jus, même « 100 % pur jus » : ils sont plus sucrés, moins riches en fibres et entretiennent des habitudes de boisson sucrée. Préférez toujours le fruit entier ou la compote maison, que vous pouvez enrichir en poudre d’amande ou en yaourt nature pour varier les apports.

Féculents : pomme de terre, patate douce, riz blanc et pâtes alphabet

Les féculents complètent les légumes pour apporter une énergie durable et rassasiante. À 7 mois, les féculents de base les plus simples sont la pomme de terre, la patate douce, le riz blanc bien cuit et les petites pâtes (alphabet, « étoiles », « vermicelles ») très fondantes. On les introduit en général mélangés aux légumes, en visant la proportion de 1/3 de féculents pour 2/3 de légumes dans la purée du midi, et éventuellement 1/4–1/3 le soir si un repas solide est proposé.

Pour une bonne diversification alimentaire à 7 mois, veillez à cuire les féculents suffisamment longtemps pour qu’ils soient très tendres, voire légèrement surcuits, surtout si vous les proposez en morceaux. Vous pouvez aussi utiliser des céréales infantiles reconstituées comme base de certains repas (bouillie de céréales + purée de fruits au goûter, par exemple), en privilégiant là encore les versions sans sucres ajoutés. Cette diversité de supports glucidiques permet à votre enfant de découvrir l’éventail des saveurs céréalières tout en couvrant ses besoins énergétiques.

Prévention des risques et gestion des situations d’urgence alimentaire

Qui dit diversification alimentaire à 7 mois dit aussi vigilance. Introduire de nouveaux aliments et de nouvelles textures comporte toujours une part de risques, en particulier en termes de fausse route ou de réaction allergique. L’objectif n’est pas de vous inquiéter à chaque bouchée, mais de vous donner les clés pour prévenir ces situations et savoir réagir avec calme et efficacité si elles se présentent. Un peu comme apprendre à conduire : connaître le code de la route rassure et permet de profiter du voyage.

Prévention de la fausse route : taille des morceaux et aliments interdits

La fausse route survient lorsque des morceaux d’aliments pénètrent dans les voies respiratoires au lieu d’emprunter l’œsophage. Pour la prévenir, plusieurs règles simples s’imposent. D’abord, votre bébé doit toujours manger en position assise, dos droit, jamais allongé, semi-allongé ou en marchant. Ensuite, certains aliments sont formellement interdits avant 3 ans en raison de leur risque élevé d’obstruction des voies aériennes : cacahuètes entières, fruits à coque entiers, grains de raisin non coupés, tomates cerises entières, morceaux de saucisse, carotte crue en rondelles, bonbons durs, pop-corn.

Les morceaux proposés doivent être soit très petits et fondants (type purée avec mini-grumeaux), soit suffisamment gros pour ne pas pouvoir être aspirés au fond de la gorge d’un seul coup (bâtonnets de la taille d’un doigt adulte, très tendres). En cas de toux intense après une bouchée, laissez votre enfant tousser : c’est souvent le signe qu’il gère lui-même la situation. En revanche, si vous observez une impossibilité de respirer, d’émettre un son, un changement de couleur du visage, il s’agit d’une urgence vitale nécessitant la réalisation immédiate des manœuvres de désobstruction adaptées à l’âge et l’appel des secours (15 ou 112).

Reconnaissance des signes d’allergie IgE-médiée et SEIPA

Les allergies alimentaires de type IgE-médié se manifestent classiquement dans les minutes à deux heures suivant l’ingestion de l’aliment en cause. Les symptômes fréquents sont : rougeurs diffuses, plaques d’urticaire, gonflement des lèvres ou des paupières, vomissements, gêne respiratoire, toux, changement de voix, voire malaise. Toute suspicion de réaction allergique après un nouvel aliment dans le cadre de la diversification alimentaire à 7 mois doit conduire à interrompre immédiatement la consommation de ce produit et à consulter rapidement un médecin. En cas de difficulté respiratoire ou de signes de choc (pâleur, hypotonie, perte de connaissance), l’appel au SAMU est impératif.

Il existe aussi des réactions plus tardives, comme le SEIPA (Syndrome d’Entérocolite Induit par les Protéines Alimentaires), qui se manifeste plusieurs heures après l’ingestion par des vomissements répétés, une apathie, parfois une diarrhée, sans signes cutanés ou respiratoires associés. Ce tableau impressionnant nécessite également une consultation urgente et un avis spécialisé en allergologie. Même si ces situations restent rares, les connaître permet de ne pas les confondre avec une simple gastro-entérite et d’ajuster ensuite la stratégie de diversification.

Protocole de réintroduction après réaction et tenue du carnet alimentaire

Après une réaction suspecte à un aliment, celui-ci doit être immédiatement exclu de l’alimentation de votre bébé en attendant un avis médical. Le pédiatre ou l’allergologue décidera, en fonction de la sévérité des symptômes et des tests réalisés, s’il est possible de mettre en place un protocole de réintroduction progressif, et à quel moment. Dans certains cas, cette réintroduction se fait en milieu hospitalier, sous surveillance, notamment pour l’arachide, les fruits à coque ou l’œuf chez les enfants très allergiques.

Pour vous y retrouver dans cette aventure qu’est la diversification alimentaire à 7 mois, la tenue d’un carnet alimentaire est un outil précieux. Il peut s’agir d’un simple cahier ou d’un fichier numérique où vous notez chaque jour les nouveaux aliments proposés, leur quantité approximative, et les éventuelles réactions observées (digestives, cutanées, comportementales). Ce journal aide à repérer d’éventuels liens entre un aliment et un symptôme, à rassurer lorsque tout se passe bien, et à fournir au médecin des informations fiables et détaillées en cas de difficulté. Vous devenez ainsi, pas à pas, l’expert de l’alimentation de votre enfant.